les copains du kibou

de la cuisine, des copains, des bières

22 juin 2007

Poulet parfumé et ses petits navets glacés (ou filez une médaille au kibou qui essaie de cuisiner des légumes qu'il déteste)

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des petits navets hé hé hé (air de "un petit boudin hin hin hin")

     Je suis sûre que je vais aider plein de gens à mieux vivre. Parfaitement. Je m'adresse aujourd'hui à tous ceux qui ne savent pas compter, ceux qui ont peur qu'il n'y en ait jamais assez, bref, à tous ceux qui font des couscous géants, et qui ne peuvent malgré tout, pas s'empêcher de faire une petite entrée, ou qui sortent les cacahuètes (oui, parce qu'en plus de mal gérer les quantités, le kibou gère mal son temps, et il met 3 heures à faire un truc qu'il aurait pu faire l'après midi au lieu de bouffer des chips en regardant des documentaires sur les papous) (oui, j'ai bien écrit DES documentaireS). Je pense donc à tous ceux qui ont des tas de restes, et aujourd'hui, on va faire dans le reste précis: le poulet du couscous. Cette recette ne se prête malheureusement pas aux merguez du couscous, ni à la harissa en tube.

     Pour rester simple, je ne vais pas vous réexpliquer comment on fait un couscous, c'est trop long et je l'ai déjà fait (ça ennuierait ceux qui lisent TOUS mes messages!) (Si!) (entre autres, certains copains qui s'imaginent que je vais donner les potins croustillants de la soirée en les diffusant sur internet au lieu de les leur dire directement) (comme si je savais garder un secret) (en revanche,je pourrais diffuser n'importe quelle rumeur débile sur n'importe qui, à condition qu'on me paye. Je n'aurais aucun scrupule à me faire payer. Sauf si c'était pour faire des petits gâteaux, il y a des limites à l'indécence).

    Comme j'avais déjà recyclé le mouton en boulettes, je savais que le risque, c'était de croire que la viande était assez parfumée pour qu'on s'évite une nouvelle dose d'épices. Bon, je vous le dis tout net C'EST UNE ERREUR! OK, maintenant que j'ai fait passer mon message humanitaire, on y va pour les choses sérieuses:

     Si on est organisé un minimum (pas comme moi donc), on met quelques abricots secs en morceaux dans du bouillon de volaille très chaud, on couvre, et on laisse pendant un certain temps. Je saurais pas dire combien de temps, je vous l'ai dit, je n'ai pas suivi ces consignes, je suis trop bohème pour ça (c'est mieux bohème que bordélique, non?) on fait blondir des oignons à l'eau oxygénée (wah, aujourd'hui, les jeu de mots, ça fuse!) (j'ai pas bu, mes réflexes sont décuplés!), puis, on ajoute le poulet, et les abricots. Si les fruits n'avaient par malchance, pas assez gonflé, je vous donne une astuce (quand on est nul pour s'organiser, on a des copains qui vous fillent des tuyaux pertinents comme de pas dégorger le concombre, ou de laisser tomber l'épluchage des poivrons), donc pour les abricots pas tout à fait réhydratés, on les met quand même, avec un peu de bouillon, et on fait attention qu'ils trempent dans le jus. Ensuite, on saupoudre de raz el hanout, cannelle, et on verse du concentré de vanille. On laisse chauffer doucement un certain temps, mais pas trop, surtout si votre poulet est comme le mien, un peu déguenillé. Si je peux me permettre.

     Pendant ce temps là,  les navets sont en train de finir de cuire. Là, tout de suite, je sens  la panique monter chez mes lecteurs (enfin, chez ceux qui n'ont pas décroché pour aller chercher des trucs pas possibles sur internet, genre ""intestins pourris" ou "brigade antinageur", voire même "cochon d'inde préhistorique" ou "dessert qui fait peur"). Ne vous inquiétez pas, donc, je vais tout vous dire. Je maîtrise à fond la technique du flash back. Je savais que ça me servirait à quelque chose de regarder les téléfilms de l'après midi. Tenez, prenez celui d'hier, où toute la famille est morte (qui du sida, qui d'un accident de tronçonneuse (fomenté par le beau frêre du militaire qu'est parti s'engager sous une nouvelle identité dans la jungle du Surinam), qui d'un complot politique (Michel voulait se présenter aux élections municipales, il s'est noyé dans la piscine municipale)... Au moment où tout le monde (enfin les surnvivants, qui sont, au choix: handicapés, veufs, ou medium), s'engueule et s'accuse dans le tribunal (à tel point que le juge est tellement épuisé quand il rentre du boulot qu'il fait plus qu'à regarder les séries de flics à la télé en buvant de la 1664 (imaginez!), alors sa femme se barre, et en plus, il s'en fout!), arrive une mystérieuse inconnue (avec des lunettes de soleil et une étole sur la tête. Y'a plus personne qui fait ça sauf dans ces films là), et en fait, c'est la mère du militaire. Et c'est le grand moment du flash back : on la voit six mois plus tôt, alors qu'elle a fouillé la jungle pour le retrouver (les mèères!!) elle lui a extirpé des aveux (les mères!), et donc elle disculpe tout le monde, sauf le juge, t'façon, il faisait jamais la vaisselle, il a réclamé un chien et c'est jamais lui qui le sort, ma fille, t'as bien fait de le plaquer (les mères), et elle obtient la garde de la petite orpheline (qui a une malformation cardiaque) et qui avait été adoptée par celle qui est morte dans un accident de golf.  Bon, maintenant que vous avez compris que mon blog est capable de naviguer d'espace temps en espace temps, les explications...)

     Avant même de lancer les oignons pour le poulet, vous aurez pris une botte de petits navets nouveaux. Pour ceux qui m'ont fait à manger un jour (comme ma mère, par exemple), je tiens à leur dire qu'il me sembait important d'essayer une recette que j'ai vue chez Gracianne, qui me faisait envie, même si jamais je n'ai réussi jusque là à avaler une bouchée de navet. J'ai eu dans l'idée de me venger de toutes ces fois où "on" m'a forcée à en manger, en disant fièrement "ah au fait, j'ai fait des petits navets glacés l'autre jour, c'était trop bon. Tu vois, finalement, c'est délicieux, les navets, y'a que toi qui sais pas les cuisiner. Je peux enfin me dire que je cuisine mieux que toi, c'est encore meilleur que de shooter un pigeon avec une pistache qu'on n'arrive pas à ouvrir." en réalité, mon rêve s'est écroulé à la première bouchée, c'est dégueulasse les navets. Je suis désolée pour Gracianne, vraiment ça semblait bon chez elle. Et chez moi aussi, c'était beau, faut juste pas respirer la vapeur, même l'odeur est toxique. Pour ceux qui aiment des recettes précises et claires, allez directement sur le blog de Gracianne, c'est mieux expliqué que je pourrai jamais le faire (c'est les digressions, ça me perdra). En gros, le principe, pour ceux qui aiment les recettes floues et bancales, faites revenir les navets dans un mélange beurre huile, quand c'est doré, ajoutez du sucre,  laissez 10 minutes puis versez du bouillon de volaille petit à petit (voyez où j'ai trouvé le bouillon pour mes abricots?) de façon à ce que ça cuise 30 minutes en tout. Juste je précise que cette recette vient de Robuchon. Il conseille ça avec du foie gras. Miam, mes deux aliments préférés. Pourquoi pas agrémenter ce plat printannier d'un petit coulis de bettes? (ça aussi question d'avoir un goût de compost, ça se pose là)

     Pour ceux qui se sont perdus dans un drôle de cortex temporel, je conseille la lecture de romans à l'eau de rose, ça va vous faire une saine rééducation au flash back.

     Je pense que ce petit poulet et les navets vont bien ensemble, quand on aime les navets. Et pour les amateurs, une pincée de terreau agrémentera agréablement les navets. Bon appétit les amis!

signé le kibou, qui prend de nouveau son traitement, en direct de l'hôpital "le calme séjour du bon repos".

Posté par lili violette à 12:14 - pour les carnivores, et les loups garou - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

    C'est très bon les bettes j'en ai une botte dans mon frigo, avec d'autres légumes tels que le céleri branche, le poireau, le concombre, l'aubergine, la betterave, tous pleins de promesses, tous pleins d'envie de participer à l'expérience intense de devenir un mets délicieux, sans matière grasse ajoutée, et au départ, je savais parfaitement où je voulais en venir, avec l'idée perfide de t'humilier en riant, mais je ne me souviens plus comment je comptais y arriver.

    Posté par Grand chef, 23 juin 2007 à 14:55
  • ça fait toujours ça à mes ennemis...

    Posté par lili violette, 23 juin 2007 à 16:04
  • Merci de ton gentil commentaire sur mon blog. Moi non plus, j'aime pas trop les navets... Je conçois d'en utiliser pour faire un bouillon, mais de là à croquer dedans, je suis pas folle non plus!!

    Posté par sonia, 23 juin 2007 à 17:42
  • Oh je suis desolee que tu n'aies pas reussi a surmonter ton aversion pour les navets. Pourtant j'avais meme reussi a faire aimer ca aux enfants. Faut pas t'obstiner hein, il y a plein d'autres legumes super bons, les bettes par exemple

    Posté par Gracianne, 25 juin 2007 à 09:30
  • des bettes, des navets, du poulet deguenille..
    et des feuilletons americains larmoyants (si on se dispute devant un tribunal, a tous les coups c'est americain !)
    viiiiiite a ste anne, le kibou 1
    mort de rire , je suis 1
    signe :le chat qui hait les navets (tous les navets)

    Posté par tao le chat, 25 juin 2007 à 11:31
  • Gracianne, je suis aussi très désolée (viens, on fait un concours de la plus désolée), mais ça doit être JUSTEMENT parce que je ne suis plus une enfant...
    Tao, tu devrais t'y mettre aux téléfilms de l'après midi, c'est une sacrée école de la vie!

    Posté par lili violette, 25 juin 2007 à 13:33

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