les copains du kibou

de la cuisine, des copains, des bières

28 juillet 2007

gyouvetchi (ragoût des Balkans) ou: quand le kibou mange ses livres!

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Aujourd'hui je vous donne la recette qui va avec la photo la plus moche de tous les blogs de cuisine. Je pourrais faire un concours pour proposer à tous mes lecteurs de réfléchir aux ingrédients (le gagnant remporterait une queue de chat que j'ai trouvée dans une quincaillerie suisse) mais j'aurais trop peur qu'on imagine des horreurs et que mes copains finissent par croire que je veux vraiment les empoisonner à coups de morceaux de gras en sauce de jus d'orange fermenté avec son accompagnement de petites mycoses aux yeux de mérou.

Alors je vais tout de suite vous donner la recette pour apaiser votre soif de curiosité... puisque j'en suis sûre, vous brûlez de savoir de quoi il s'agit. Qui a dit: "plutôt crever"?

Pour vous prouver que quelquefois, le kibou ouvre un vrai livre avec des vrais morceaux dedans (je ne parle pas du "petit dictionnaire illustré de dermatologie") (très instructif au demeurant), je vais vous donner une recette que j'avais trouvée dans un roman qui s'appelle "la cavale du géomètre", écrit par un cinglé finlandais : Arto Paasilinna. Dans ce roman, (si vous ne connaissez pas cet auteur, vous augmentez les points necessaires pour aller au paradis. Autant dire que j'ai gaspillé bêtement mon capital bonnes actions. Aaah, si seulement la maîtresse de ce hamster ne m'avait pas vue...) est décrite une chasse au taureau qui se termine en ragoût, et bien arrosé, comme dans tout bon roman de cet auteur. A l'origine, cette recette était donnée pour 10 kg de viande de taureau, mais je l'ai adaptée pour un minable petit kilo de viande de boeuf très commune. Contre toute attente, ça a marché, les proportions étaient bonnes (oui, j'ai le goût du risque, mais j'avais pris mes précautions:j'ai croisé les doigts, en jetant su sel devant une bonne soeur rousse après avoir coupé mes ongles un soir de pleine lune). Comme ça faisait longtemps que je ne l'avais pas faite (je ne suis même pas sûre qu'à cette époque, j'avais déjà rencontré mes copains qui ouvrent leurs cannettes de bière avec les dents, c'est dire si c'est vieux), je me suis dit que ça vous intéresserait. Bon, ben, c'est sûr, c'est encore pas une recette qui plaira aux amateurs de plantes sans viande, ni à ceux qui ne mangent que du chocolat. Que voulez vous, moi je dois faire de la cuisine sérieuse qui nourrit les copains, sinon, ça peut encore finir en émeutes dans les rues, comme en 2005, quand je leur avais préparé un pudding aux graines germées.

Alors , je vous explique comment on fait cette merveille:

d'abord, on fait griller 1 kg de viande de boeuf (si on n'a pas mieux, évidemment. Pour ceux qui ont l'occasion d'aller à la chasse au taureau pendant les vacances n'hésitez pas. Enfin, sauf si le propriétaire du taureau est dans les parages, évidemment, et surtout s'il est armé) (attendez plutôt la nuit), dans de l'huile, on y ajoute un oignon haché grossièrement, (si vous ne pouvez pas vous arrêter de hacher, comme moi, parce que vous êtes vous aussi fasciné par cet engin de mort qui découpe et découpe encore, avec le jus qui gicle sur les parois du bol, et que vous hachez trop fin, c'est pas grave, ça ira quand même). On ajoute un poivron en morceaux, puis 200g de tomates, 200ml de petits pois (oui, ce sont bien des petits pois, regardez bien cette photo, et vous pourrez également déduire que le truc orange... ah ben non, ça nous aide pas, en fait). On ajoute de l'ail, du poivre et sel (c'est pas parce que ça a l'air imprononçable qu'il faut croire qu'on ne va pas y mettre du sel-poivre quand même). On ajoute 400ml d'eau. Normalement, on laisse reduire jusqu'à ce que la viande soit juste recouverte par le bouillon, et on verse 200ml de vin blanc, et hop, on met aussi du romarin, de la menthe et du laurier. Si vous êtes attentif, vous avez dû être interpellé par le mot "normalement" (les habitués se seront inquiétés), pas besoin d'appeler les flics (pas pour ça en tout cas), c'était juste pour signaler que je trouvais qu'il n'y avait pas assez d'eau, à moins qu'on cuise tout ce petit monde là à la cocotte minute. Ajoutez donc de l'eau pour qu'il y ait de quoi réduire, sinon, ben, ça cramera...  Quand c'est cuit, ben, comme dirait grand chef, c'est cuit. Vous pouvez déguster avec des carottes pommes de terre, ça pourra pas vous faire de mal, sauf si vous êtes allergique, mais n'allez pas vous faire du mal je ne mérite pas une telle dévotion (pis, ça réduirait mon nombre de lecteurs).

Je suis sûre que la littérature est pleine de ces petites recettes données mine de rien, un peu comme dans le cinéma. Y'a même eu un livre édité rien qu'avec les recettes des petits plats préférés du commissaire Maigret. Je serais pas étonnée qu'on trouve aussi quelques pistes chez Jorge Amado... Allez, me dites pas qu'il y a que moi qui pense qu'à bouffer, même quand je lis (même si chez moi, je me contente de vieilles miettes indéfinissables qui traînent entre les coussins du canapé)...

Creusez vous les méninges, ordre du kibou! (pour une fois que je ne recevrai pas une douche de bière (ou une pluie de taboulé) après avoir fait mon autoritaire! wou, je devrais vous commander plus souvent!)

bises de kibou ('tention, ça pique!)

Posté par lili violette à 16:35 - pour les carnivores, et les loups garou - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    Oui, je sais, je retarde, mais un vrai défi littéraire, je ne pouvais pas résister! Dans "Le vieux qui lisait des romans d'amour", de Sepulveda, on a la recette des crabes de fleuve bouillis, et celle de l'iguane à la poêle...
    Bonne chance aux copains!

    Posté par valh, 05 janvier 2008 à 15:36
  • si tu relis alexandre dumas, tu devrais en trouver aussi (des recettes pas des taureaux)
    elle est horrible ta photo, j'ai d'abord cru que tu nous avait photographié un cerveau sur une table de dissection..mais c'est peut etre ce que tu as fait
    gnarf gnarf gnarfff..

    Posté par tao le chat, 31 juillet 2007 à 21:11
  • Cet auteur est génial et franchement allumé. Et ce n'est pas le seul en littérature scandinave... Je suis accroc et j'attends qu'on continue à traduire ses oeuvres en français (ça restera plus rapide que de me mettre au finnois, bien que là, en l'écrivant, l'idée me semble excellente...)

    Posté par Stéphanie, 24 août 2007 à 14:05

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