les copains du kibou

de la cuisine, des copains, des bières

10 mars 2008

une tarte à srevne'l !

IMG_3436

    Encore du boudin? ah ben oui, y'a des jours où une femme a besoin de boudin noir, allez comprendre, ça doit être les carences en fer, ça... Aujourd'hui, je suis une pauvre petite femme un peu anémiée. Vous l'auriez cru? Ah ben moi non plus, ça casse mon image de kibou. Mais bon, faut pas s'étonner de manquer de trucs, quand on se nourrit de chips et de bière, y'a un moment où le cooorps, ce grand exigeant toujours insatisfait réclame des tas de trucs, de la viande rouge, des vitamines de boudin noir, et des fibres de pâte feuilletée toute prête, même pas pur beurre.

    Alors on va lui faire plaisir, parce que sinon, ça peut dégénérer, la dernière fois, il a attaqué un supermarché à coup de barre de fer (tiens,faudra que je la ressorte à mon avocat celle là).

    D'abord, on va suivre le principe de la tarte tatin, on va mettre tous les ingrédients à l'envers dans le plat pour les manger dans le bon ordre. D'abord le usimarit, ensuite le uaev aux snongipmach, et enfin les settorac râpées, voyez le principe, faut pas se gourer, sinon, tout est foutu.

    On fait braiser quelques endives (aahh, je savais que t'avais oublié un truc, t'as pas pensé à compter, rah, je vais devoir inventer, c'est rien, personne va s'en rendre compte, t'inquiète, tes lecteurs, tu les manipules comme tu veux, et après, on dit que c'est la faute aux comploteurs du FBI, ça va que t'écris beaucoup de bêtises, ça se verra pas, pis de toute façon, personne ne suit les recettes à la lettre, alors pourquoi TES lecteurs le feraient, ce serait vraiment pas de bol. Vas- y kibou), mettons un bon kilo, on les coupe en quatre dans la longueur, on les fait cuire dans le beurre (disons 250 g, à vue de nez) et on baisse le feu tout doux. et puis on couvre. Si déjà les endives ont absorbé tout le beurre (avez vous vraiment bien suivi les indications de proportions?), vous pouvez mettre un peu de flotte pour que ça continue de cuire sans attacher nécessairement.

    Quand ces gentilles filles commencent à avoir la peau diaphane que les dermatos recommandent de préserver,  (voyez comme je fais attention aux recommandations des professionnels de la santé) (grâce à mon blog, je compte décrocher un partenariat avec des neurochirurgiens pour faire une blague à un copain, rien à foutre des œufs en chocolat et autres rosés qui puent. Il puait pas? ah bon?) on peut retirer le couvercle, et augmenter le feu on verse quelques cuillères de sucre, cassonade, vergeoise ou tout autre truc sucré qui traîne chez vous, je vérifierai pas. On surveille pas les endives plus que ça, ça accroche? ouaip, j'aime bien quand ça caramélise un peu.

    Pendant ce temps, j'espère que quelqu'un chez vous a pensé à lancer le four au max. Ben oui, vous, hein, moi je peux pas être partout (malheureusement). On pose les endives de façon très élégante (voir modèle sur la photo) dans un plat à tarte.

    'Tention, après ça devient trash, faut  aimer les films dégoûtants où le héros (généralement un brave garçon sans ambition mais qui fait des blagues) se fait voler la vedette par un monstre particulièrement idiot (sens du dialogue zéro) qui lui ouvre le ventre pour manger ses entrailles. Voilà, nous on va faire pareil et retirer la peau du boudin.

    On écrase ensuite le boudin en essayant de le répartir de façon harmonieuse sur toute la surface de la tarte (voir modèle).

    Et puis on pose la pâte feuilletée par dessus pour tout recouvrir, en appliquant bien les bords pour qu'il y ait pas un poil qui dépasse. On met à cuire, et quand la pâte feuilletée vous aura l'air bien gonflée, dorée et croustillante, ma foi, ça devrait être bon, y'a plus qu'à faire rappliquer tous ceux qui mangent du boudin et des endives.

    Et puis soyons sérieux deux secondes, ça nous fera du bien, y'a pas que la rigolade dans la vie, (y'a aussi la bière).Je vous conseille de pas précuire le boudin, sinon, il sera trop sec. Et je ne l'ai pas répété, mais la réussite de cette tarte tient essentiellement à la qualité du dit boudin, qui doit être frais, moelleux et surtout pas sec. C'est aussi pour ça que j'ai pensé le caser entre la pâte et les endives, qu'il cuise le moins vite possible. Voilà. Maintenant place aux idioties. Ah, ben non, c'est fini,

allez, des bises du kibou!
   

Posté par lili violette à 11:41 - pour les carnivores, et les loups garou - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


07 novembre 2007

des endives aux microbes

IMG_2932

une petite photo, comme ça, ça attaquera moins les sensibles de la cornée

    Aujourd'hui, un plat d'hiver avec des endives, du jambon et de la béchamel, gratiné avec du fromage râpé (du premier prix qui ne porte même plus un nom de fromage, c'est dire). Vous l'avez tous compris, pas besoin d'avoir fait sciences- po, c'est des endives au jambon!

    Je sais que personne aime ça, mais là, faut pas me chercher, je fais ce que je veux. Je suis un peu moins tolérante à la critique (si je l'ai jamais été) que d'habitude parce que figurez vous que j'ai été MALADE ces jours ci. ça m'arrive rarement, ou alors, j'ai seulement besoin d'une bière pour me remettre, mais là, même ça, ça ne l'a pas fait. Figurez vous un peu que je suis restée DEUX jours sans manger. Un truc aussi fou que si j'avais eu envie et réussi à faire une pyramide de macarons. Et puis surtout, j'ai eu de la fièvre. Et ça, dans ma famille, on considère que c'est un truc très grave. Faut dire que notre température basale ne dépasse jamais les 36. 2. C'est comme ça, on a le sang froid chez moi, et j'ai l'impression que ça étonnera personne que j'ai un point commun avec les serpents et autres dragons du komodo (on s'instruit on s'instruit chez le kibou, c'est la braderie de la culture, profitez en, la semaine prochaine on parlera de tactiques pour tricher au cluedo, ou de ces hommes qui me font craquer: les pongistes, les joggueurs et les pignous)

    Mon médecin de famille, qui cherche toujours à me faire plaisir, m'a ouvert la bouche et a fait une grimace "ah, c'est une angine dégueulasse" a t-il dit d'un ton très professionnel. Je vous ai pas pris de photo du fond de ma gorge, je me suis dit que ça vous intéresserait pas plus que ça, à moins que le gars qui cherchait l'autre jour des photos d'intervention chirurgicale traîne encore par là. Si c'est le cas, qu'il se manifeste, j'ai plein de photos (moches comme je sais bien les faire) de mes amygdales et de ma luette.

    Pour vous, mes petits lecteurs chéris, (je vous imagine comme une foule grouillante à mes pieds, qui couine "kibou- kibou" alors que je porte une cape noire et que je vous effraie avec un sourire sauvage parce que je me suis fait tailler les canines) je vais pas insister sur ces bactéries qui se sont développées dans ma gorge. Oh et puis si, ça vous fera pas de mal. Ou si peu.

    Je vais vous expliquer scientifiquement comment ça se passe quand des virus cherchent le kibou. D'abord, ils essaient de discuter avec lui, alors qu'il prend un verre tranquille dans un bar. En général, c'est pas compliqué, le kibou n'est pas méfiant quand on lui offre un verre et qu'on essaie de lui causer parcmètre (je les vole et je les démonte chez moi, je fais la collection, j'adore comprendre comment fonctionnent les choses, moi) ou concombre de mer, ça polémique sec, parce qu'en plus, ces types là sont cultivés, faut pas croire, passent beaucoup de temps dans les bouillons, qui sont l'équivalent de nos soirées branchées. Quand ils proposent à un kibou séduit de continuer la soirée chez des potes à eux, les copains du kibou (qui avaient pourtant signé des pactes au sang de lapin sur un trottoir une nuit sans lune, pour prendre soin les uns des autres), ne se méfient pas non plus, d'ailleurs souvent ils ont aussi envie de venir, bien que les virus portent de grands manteaux noirs et des képis militaires. (Si seulement tout le monde ne s'habillait pas n'importe comment dans ce quartier, ça commence à poser des problèmes, ça aussi) Et voilà le kibou dans des soirées louches pleines d'amibes, de virus ou de bactéries. En général, ce sont des super soirées, on sait recevoir chez les unicellulaires, mais voilà, ils servent des cocktails pas possibles, et le lendemain, ben voilà, on est malade.

    Et comme aujourd'hui je suis de nouveau en forme, on va faire ce fameux gratin, comme ça je vais vous laisser tranquille et on va tous pouvoir regarder une série sympa à la télé (comme "le renard" ou "derrick", qui sont pratiquement les mêmes, d'ailleurs, sauf qu'il y a des effets spéciaux dans "derrick", quand il retire ses lunettes)

    D'abord, on peut faire cuire les endives de plusieurs façons: soit on les cuit à l'eau, mais quand même, faut bien le dire, c'est dégueulasse, même si on met un sucre dans l'eau de cuisson, soit on les braise, c'est à dire qu'on les laisse cuire dans le beurre, mais pour ça, faut pas avoir des frissons dès qu'on imagine que ses artères sont de petites choses fragiles qui risquent de crever sous le poids du gros cholestérol, faut plutôt être comme moi et prier le grand dieu de la médecine pour qu'il fasse des progrès et trouve des remèdes pour quand on sera vieux et crevards.

    Pendant que ces endives cuisent gentiment, on prépare une béchamel. On peut s'y prendre relativement à l'avance si on a quelques problèmes de discipline comme moi avec les roux en tous genre, qui veulent jamais épaissir comme je veux, et qu'il faut rattraper à la maïzena, on dirait des ados en cours de chimie. C'est là quand même que c'est intéressant de faire griller les endives dans le beurre pour les recouvrir ensuite de flotte pour qu'elles continuent à cuire jusqu'au coeur, comme ça, quand le roux de la sauce est prêt, on le mouille avec le jus des endives, qui n'ont plus alors qu'à finir de cuire sans le jus (elles vont accrocher, et ça, c'est bon pour nous. Pour une fois). Après, on enroule les endives dans des tranches de jambon tartinées de sauce, on verse toute la sauce sur les endives enjambonnées, on recouvre de fromage râpé, hop au four en position grill.

IMG_2935

encore au lit à cette heure- ci? Va faire tes devoirs!

Voilà, je vous embrasse pas, je suis encore pleine de saloperies, pour changer...

le kibou (qui va maintenant manger des antibiotiques et de la cortisone, ça lui calme les nerfs, vous trouvez pas?)

Posté par lili violette à 15:36 - pour les carnivores, et les loups garou - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 octobre 2007

Attrapez un mouton, épluchez-le...

IMG_2886

Quoi "bloup bloup bloup"? articulez, je comprends rien.

    Au départ, c'était bien parti, j'avais prévu de suivre une recette, et puis, c'est parti en vrille quand j'ai vu que je n'avais rien de ce qu'il fallait. alors, ça a été de l'impro, et ma foi, ça a marché, les copains ont mangé sans raconter trop d'horreurs, ce qui est signe qu'ils aiment bien...

    Voilà comment je m'y suis prise: (je vous donne les proportions pour 4 personnes, à vous de faire un produit en croix pour ajuster en fonction de vos copains à vous, et de ce qu'ils ont fait (les miens n'ont pas autant faim quand ils reviennent de leur club de spiritualité ou d'une course en bulldozer sur un parking, allez comprendre).

    Prenez 8 petits morceaux de mouton avec un os au milieu (pas moyen de trouver le nom de ces os, j'aurais pas dû sécher les cours de vocabulaire dans ma formation de boucher- charcutier- traiteur (option noms d'oiseaux)), faites les revenir dans la cocotte pour qu'ils dorent. Inutile de rajouter du gras, ils en ont bien assez comme ça, ça va laisser une pellicule dans le fond. Heureusement que je ne publie pas mes billets le matin à l'heure du petit déjeuner. Je dis ça pour vous, moi je l'écris en buvant mon café au lait. Je suis indestructible.

    Ensuite, on ajoute 2 oignons, qu'on laisse aussi dorer, et quand ça commence à craindre pour eux (y'a pas assez de gras, ils noircissent, faut pas rater le coche), on ajoute 3 carottes coupées en rondelles, et pis 4 tomates. Y'en a qui les éplucheraient, moi, je fais pas ça, les copains se rendent compte de rien, au pire ils laissent les peaux sur le bord de l'assiette, je trouve quand même ça moins terrible que si je  mettais des noix dans un gâteau avec leurs coquilles. En plus, faut quand même le dire, je trouve que quand on ouvre ses cannettes de bière avec les dents, on peut plus tellement se plaindre de trouver des coquilles d'oeuf ou des arêtes dans son assiette.

    Ensuite, on rajoute 2 gousses d'ail, sans la peau, mais entières. Et puis du thym frais et du persil (vous le croyez si je vous dis que je cueille ça sur mon balcon, qu'ils poussent bien malgré les gaz d'échappement, qu'ils dorment bien malgré le bruit des camion de poubelles? Bon, d'accord, ils insultent les voisins, on peut pas tout avoir).

IMG_2887

    Ensuite on sale, on poivre, on verse beaucoup d'eau, (soyons cru, disons le carrément, on noie tout le monde) et on saupoudre de cannelle, paprika et de safran. Je crois que c'est le secret, ça, le safran.  J'adore. Bref, arrêtons de parler de mon secret d'éternelle jeunesse qui n'a aucun effet secondaire (à part le fait d'ouvrir un blog pour écrire n'importe quoi, mais avouez qu'en échange de la beauté du diable, c'est bien peu d'ennuis). (que ceux qui y croient m'écrivent un mail, je me ferai un plaisir de leur vendre un peu de mon stock béni par une vierge bossue un peu mytho que je connais).
On laisse mijoter quelques heures jusqu'à ce que la viande se détache des os (ouh, on se croirait dans l'autopsie d'un vieux polar bien glauque) et le meilleur, je ne sais pas si c'est la viande, ou le bouillon qu'il en résulte. Surtout, s'il vous reste du jus, ne le balancez pas, ça pourra vous servir pour cuire du riz ou de la polenta (comme Lucile Poppins) ou même, mixez- moi tout ça pour faire une soupe...

IMG_2888

Et voilà, encore une aventure qui se termine bien pour le kibou (ah par contre, c'est dramatique pour nos amis les moutons,  nombreux à me lire, je le sais, mais que ceux ci se consolent, la semaine prochaine, une recette de caneton nantais)

bises du kibou!

Posté par lili violette à 11:00 - pour les carnivores, et les loups garou - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 octobre 2007

boeuf russe à la kacha (pas à la vodka voyons, qu'allez vous chercher là?)

IMG_2897

mijotons, mijotons mijontaine

Dans un Cuisine Actuelle, plus précisément le hors série de fevrier-mars 2007 (moi j'achète pas le "Elle à table", y'a trop de recettes pleines de fève tonka, de mangue ou autre ricotta, et de tas de plats accompagnés de bons vins en plus. Quelle horreur), y'a une recette qui m'avait tapé dans l'oeil. Evidemment, c'était pas une recette de petit dessert aux fruits rouges, avec du fromage blanc à 0%, vous voulez me faire crever ou quoi? Si vous avez envie de viande, lancez- vous là dedans, c'est facile et délicieux. Bien, maintenant que j'ai (presque) parlé comme un blogueur culinaire lambda (c'est pas une critique contre les autres blogs, prenez plutôt ça comme un exercice de style). (je m'entraîne, et bientôt je saurai mieux reproduire à l'écrit l'accent de Cyril Lignac "aloreuh onm prend eune man angue, et an la coupeuh ang lamelles". Et je me ferai sa coupe)

Sans plus de critiques pertinentes et constructives, la recette:

pour 6 personnes
D'abord, on coupe 1,2 kg de paleron de boeuf en lamelles. J'ai pas eu la patience, j'ai fait des cubes. Fallait s'y attendre, mon grand couteau qui coupe bien m'a lâchée l'autre soir.  Les copains me l'ont confisqué, tout ça parce que je l'ai pas planté où je voulais (rien qu'une bière ça distord le réel quand même. J'aurais pas dit.) T'façon j'm'en fous, il était usé (les petits os de petits animaux ça lui plaisait pas. Il réclamait tout le temps que je lui achète de la mangue, pas des petits lapins). Puis, on fait dorer la viande dans du beurre (ou de la margarine. Oaah, ça c'est une super blague) avec 2 oignons coupés. Ensuite, on ajoute 2 c à soupe de moutarde. On saupoudre de farine (1 c à soupe), et on ajoute 1 litre de bouillon de boeuf. Avec ça, du laurier, du persil et du poivre (je ne mets pas de sel, parce que je n'avais pas de vrai bouillon de boeuf, mais un très vieux cube qui traînait dans le fond d'un placard. C'est un copain qui cherchait du désinfectant pour une expérience qui l'a trouvé, c'est dire. Le cube était tellement vieux qu'il voulait même raconter une légende, mais nous, on n'aime pas les vieux qui racontent des histoires, hop, au bouillon. On laisse mijoter 2 heures à feu doux, couvert.

Et pour la kacha, on fait revenir 200g de graines dans du beurre, on laisse griller un peu, et puis on couvre de 2 fois son volume d'eau. On laisse cuire le temps que les graines aient absorbé toute l'eau, et on couvre en coupant le feu. On sale et on attend 5 minutes, le temps de vérifier que les copains jouent bien sagement avec les chats et le désinfectant.

IMG_2898

Quand on est prêt à manger, on mélange un peu de jus de citron avec de la crème fraiche (20 cl), et on verse dans la sauce.

Evidemment, on sert tout ça ensemble, sinon, ça vaut pas.

IMG_2900

Et voilà le boulot, encore une mission accomplie avec dignité.

bises du kibou qui ne boit pas de vodka. Non mais oh.

Posté par lili violette à 12:25 - pour les carnivores, et les loups garou - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 septembre 2007

ça roule pour le kibou!

IMG_2866

l'est pas beau le petit rôti à sa tata?

    Voilà une recette inspirée par "qu'est ce qu'on mange?" (un vrai réservoir à idées, ce blog, entre nous soit dit).
    L'idée de départ, c'était de prendre deux escalopes de poulet et de les utiliser pour faire un petit rôti, on les enroule autour de la farce, on ficelle, et hop, on fait cuire dans une poele. Evidemment, j'ai voulu suivre mon inspiration du moment, la volaille aux fruits secs, pommes et vanille (et je ne parle pas de ma voisine, c'est pas mon genre de faire des jeux de mots douteux que personne ne comprend mais dont tout le monde se doute bien qu'ils ne soient pas très délicats). Vous avez le mode d'emploi en théorie. Bon, évidemment dans la vraie vie, ça se passe pas comme on le prévoit, et ça se casse la gueule, tout comme je vous le dis, la farce se barre en vacances aux iles caraïbes, aller simple, évidemment, c'est le chantier dans la cuisine, on en a plein les mains, les chats attendent judicieusement que quelque chose tombe (comme par exemple, un rôti). Généralement ils finissent eux aussi couverts de sauce, et ils observent enfin avec curiosité les exploits de saut en longueur des restes de raisins secs et morceaux déchiquetés de poulet par la fenêtre, qui vont tomber sur le toit de la voisine (comme par hasard) et attirer les mutants échappés de l'orphelinat du coin de la rue.

Pour ceux qui ont des vrais doigts et le mode d'emploi pour s'en servir (jamais il faut balancer les mode d'emploi. En plus dessus il y a toujours les numéros à appeler en cas de dysfonctionnement ou pour faire marcher la garantie) et un peu de patience, voilà comment on peut s'y prendre, d'abord, on fait un truc marrant, on attendrit des escalopes de poulet ou de dinde (une par personne) avec un marteau à viande. ça rappelera aux copains qui c'est qui commande ici. On les étale, et on les badigeonne de miel. Je pensais qu'en arrosant de sauce soja, ça salerait, mais je suis pas sûre que ça apporte vraiment quelque chose d'intéressant, c'est peut- être aussi simple de saler avec du vrai sel. J'ai parfumé avec de la cannelle et de la muscade, mais je pense qu'avec du curry ça serait pas mal non plus...

    On fait cuire des pommes en quartiers (un peu moins d'une par personne) dans du beeuuurre (je sais pas faire ça, mais imaginez que ce mot est écrit en lettres de sang dégoulinantes), on couvre pour que ça fasse presque de la compote, et on plonge les fruits secs dans de l'eau très chaude, pour qu'ils se réhydratent, comme des copains que je connais, les lendemains de bringue. Eh oui, la bière, ça n'hydrate pas du tout, contrairement à ce qu'on aurait pu croire. Tout comme s'étaler du yaourt sur la gueule, ça fait style, mais en fait, ça sert à rien (dieu merci). Pour vous donner une idée, moi, j'avais pris des pruneaux, des raisins secs et des abricots secs. D'ailleurs, si je peux me permettre de vous donner un conseil (une vraie Tante Kibou, n'est ce pas?), coupez les abricots secs, je n'ai pas pris la peine de le faire cette fois là, ben sachez que c'est écoeurant, faut pas en mettre beaucoup en fait.
    J'ai fait griller une poignée d'amandes effilées et une autre poignée (ouh, info exclusive: le kibou a deux mains!) de sésame.
    Et c'est là que ça devient critique: va falloir poser la farce sur les escalopes, replier la viande sur la farce pour que ça ferme, et entourer de ficelle pour que ça cesse enfin de gigoter, porter le rôti ainsi constitué (si vous avez bien suivi mes instructions) dans une cocotte où du beurre  (ou bien couleur blanc cholestérol. Faudrait quand même que ça dégouline, y'a pas) était en train de fondre. On passe le rôti dedans pour qu'il grille un peu, et c'est là la subtilité de l'escalope, si elle est bien fine, ça cuit très vite, et tous les copains peuvent courir partout dans l'appartement pour mettre la table très vite, parce que c'est déjà prêt. Si vous avez pensé à faire cuire des petits champignons pour accompagner, bien sûr.


IMG_2867

oh si l'est meugnon tout plein

évidemment, pour servir, faut couper de belles tranches normalement, mais chez moi, faut quand même avouer que la présentation, c'est pas ça. Mais comme tout le monde s'en fout, c'est parfait.                                                            

et comme vous avez été sages si si, je le sais, je vous donne une recette de gâteau roulé à la confiture, pour rester dans les travaux pratiques.

IMG_2865

    Et pour les maladroits, ça commence très fort, faut séparer les blancs des jaunes de 4 oeufs. On mélange les jaunes avec 125 g de sucre. Ensuite, on ajoute 125 g farine (mélangée à 1 cuillère à café de levure) en lui parlant gentiment (si on fait ça comme une brute, la farine va s'éclater à faire que des grumeaux. C'est une sale garce, faut quand même le dire).
    Ensuite, on ajoute délicatement les blancs battus en neige sans les casser (oui, je sais, y'a qu'une certaine catégorie de personnes hautement intelligentes (et belles aussi) qui peuvent faire ça) , et puis on verse dans un grand plat rectangulaire beurré. On fait cuire 10 minutes à 210°. Et c'est quand c'est cuit que ça commence à craindre. Il va falloir humidifier un torchon et le saupoudrer de sucre (et c'est pas une blague), on démoule la pâte sur ce torchon, on tartine le gâteau de la confiture de son choix (quelle liberté! wouh!) et on attrape le torchon par un côté pour faire rouler le gâteau. On essaye de pas rouler le torchon dedans, à moins qu'on l'ait fait cuire préalablement dans le beurre, dans l'idée de recevoir sa belle mère.

Et voilà, ça c'est du repas à thème!

bises du kibou, dont le patron commence à aller mieux, merci de vous inquiéter pour lui.

Posté par lili violette à 12:49 - pour les carnivores, et les loups garou - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 septembre 2007

du porc au cidre. Au CIDRE? comment c'est arrivé chez le kibou, ça?

IMG_2846

cochon qui s'en dédit

Alors aujourd'hui, on va cuisiner du cochon, parce que je sais pas vous, mais moi, j'en avais qui traînait dans le congélo.

Et ça tombait bien, avec ce cochon (qui s'appelait Kevin, et qui aimait les mots croisés et Mylène Farmer, paix à son âme), j'ai pu nourrir quelques copains. Eux, ils n'ont eu aucun mal à manger ce vieux cochon qui râlait tout le temps. Faut dire que le temps que je l'ai hébergé (il avait des ennuis avec le fisc, je pouvais pas le laisser à la rue), il a un peu pris la place des copains. Je lui faisais à manger rien que pour lui (il adorait mon cassoulet), et les copains, c'est un peu jaloux par définition. Surtout qu'un dimanche soir, ils ont compris pour les fondants au chocolat devant la série policière. Les copains, eux, ils ont JAMAIS de dessert.

Alors quand ce vieux Kevin s'est fait renverser par une camionnette pleine de fausses joconde en allant acheter son billet de loto, on a quand même un peu hésité. On appelle les flics ou le véto? Et pis on a finalement pensé que le mieux ce serait de lui rendre hommage. Et comme y'a un copain qui s'était pointé un soir avec une bouteille de cidre ('s'était planté, 'l'avait déjà trop bu), j'ai décidé que ce serait avec ça qu'on lui ferait sa fête à Kevin. Et avec de la crème fraîche. On a prévenu personne (de toute façon, il avait plus de famille), on l'a congelé en attendant une bonne occasion.

Quelques jours plus tard, j'ai vu un "cuisine des terroirs" qui se passait en Normandie et où on nous expliquait comment cuisiner à peu près tout (sauf les sushis et le couscous traditionnel) flambé au calva, mijoté au cidre avec de la crème fraîche. ça a été une évidence que ça lui aurait plu, à Kevin, de finir comme ça. Alors je vous explique comment cuisiner votre Kevin à vous, si vous avez le bonheur de le croiser. Kevin, c'est pour toi. Hommage.

D'abord, on fait revenir des oignons dans le beurre, salé, comme de bien entendu. On ajoute les morceaux de viande lorsque les oignons sont bien dorés, et on saupoudre d'une cuillerée de farine. Quand la farine a attaché dans le fond, cette traînée, on noie tout le monde sous 1 litre de cidre. Bon, presque un litre. Tiens, ce qu'il reste de votre bouteille après que tout le monde a goûté et s'est dit "c'est dégueulasse, cette bière, on dirait du smecta". On laisse bloublouter (le temps de torturer celui qui s'est planté dans le magasin en achetant du cidre. Nous, notre copain blagueur, on lui a récité toutes les déclinaisons latines à l'envers, et en lui tournant autour en faisant semblant de marcher lentement. On sait rigoler) et quand c'est pratiquement prêt, on fait fondre une cuillère à café de crème fraîche dans la sauce (je traduis les quantités en doses pour gens sains qui font trèèès attention à leur vie. Maintenant, j'apprends à parler sain, c'est marrant. J'ai la folie des langues étrangères, j'essaie de toutes les apprendre pour pouvoir faire semblant d'être possedée pour faire une blague au boulot)

et on sert avec des pommes de terre.

 


IMG_2845

Kevin, tu resteras à jamais dans nos coeurs, on t'aime. Surtout avec cette sauce.

bises du kibou qui va maintenant faire un hommage à un grand homme disparu (je me lance dans une tête de veau)

Posté par lili violette à 12:32 - pour les carnivores, et les loups garou - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 septembre 2007

Carbonnades flamandes. Ou : de la viande et de la bière, les mots préférés des copains.

IMG_2831

quel tas de... de viande de BOEUF?

    Aujourd'hui, une recette très difficile à faire. Il s'agit de réussir l'exploit de cuire un plat le plus longtemps possible sans que tout le monde vienne goûter la sauce toutes les 5 minutes Et oui, sinon, y' a plus assez de jus pour que ça cuise encore, encore et encore. Des fois c'est épuisant, chez moi, il passe tout le temps plein de copains, ils fouillent dans les placards (parce qu'en plus, ils ont toujours faim), ils racontent que des blagues, ils m'empêchent de regarder mes téléfilms (ils critiquent les scénarios. C'est incroyable, y'a jamais personne pour admettre que c'est crédible que le héros, qui perd généralement tous ses proches dans un accident d'avion (qui s'écrase sur une petite ferme où vivait une famille heureuse dont l'ainée avait la tuberculeuse mais souffrait en silence), puisse retrouver l'amour, (en une heure de film, oui, parfaitement) avec la soeur de la tuberculeuse, qui a une jambe de bois mais qui parle presque bien (oui, parce qu'elle a une maladie qui l'empêche de manger toute seule en revanche). Si la belle mère n'empêche pas la jeune amoureuse d'aller en rééducation en Suisse pour guérir, le film peut se terminer rapidement sans que le héros se suicide (et se rate et devienne le paralysé le plus courageux de l'hôpital, mais ça, c'est un autre film) (des fois je me demande pourquoi on critique ces téléfilms de l'après midi: le scénario est quand même bien ficelé, parce que contre toute attente, ça finit bien et je vous assure que c'était pas gagné (pour les spécialistes, je ne parle pas du cas des histoires vraies, parce que celles là, par contre, elles se terminent souvent mal: la mère ne revoit jamais son enfant, la femme gagne son procès contre l'industrie des grille pain, mais meurt quand même de l'exposition aux UV de son appareil...). Bien sûr, au lieu de critiquer le réalisateur et écrire à la production pour demander qu'on rogne sur le budget "effets spéciaux" pour payer un scénariste professionnel, y'en a pas un qui ferait à manger pour tout le monde. Ils préfèrent vider mes provisions de chips et de piments. Et bouffer tout ce qu'ils peuvent piquer dans la cocotte, même si c'est encore cru, dès que j'ai le dos tourné. Depuis le temps que j'explique aux juges que j'ai BESOIN de ma kalachnikov.

    Mais une fois qu'on a réussi à virer tout le monde (créez n'importe quelle embrouille qui réveille des instincts de gangs ("ils ont dit qu'on buvait que la kro"), avec un peu de chance, tout le monde finira au poste), vous pourrez laisser cuire ça toute une soirée, et continuer le lendemain matin, comme ça, c'est prêt quand tous les copains seront rentrés de leur longue nuit, (ayez un peu pitié, leurs avocats sont des sales requins qui leur ont quand même fait la morale) et qu'ils se seront lavés (par contre, soyez intransigeants là dessus, même s'ils ont pas l'air, ils savent le faire) et qu'ils auront mis la table (les assiettes à fleurs de ma grand mère).

    On peut servir avec des frites (envoyez le copain qui a le moins de dents en chercher à la friterie du coin si vous n'avez pas envie que votre robe du dimanche sente la friture), mais à mon avis, la sauce doit bien aller avec de simples pommes de terre cuites à l'eau ou des pâtes. Ceci n'est que pure théorie, puisque les copains refusent d'essayer une association contre nature (voyez, ils ont des principes quand même, ils ne sont pas QUE des âmes impures qui finiront au purgatoire, sans même passer par l'étape de l'interrogatoire et de la fiche à remplir)

    Allez, je vous donne le mode d'emploi pour 4 personnes, vous n'aurez plus qu'à calculer les proportions selon le nombre de copains qui squattent chez vous. ça ira très bien si vous savez compter aussi bien que mon plombier ou votre garagiste, et si vos copains sont fiables et qu'ils ne viennent pas à douze, deux jours après l'invitation.

    A mon avis, cette recette vient de Pierrot de Lille. Je peux pas être sûre, mon carnet de recettes n'est qu'un gigantesque fouillis où toutes les recettes se mélangent, écrites en miroir et dans le désordre, histoire que personne ne me les pique (mes copains sont un peu voleurs en plus). ça marche bien, personne ne le lit jamais, mon carnet, mais des fois, il me sert à rien.

    Alors c'est parti, ça commence comme toutes les bonnes recettes, on fait fondre 100 g de saindoux (et pour une fois, c'est pas une blague) (pour cette carbonnade- là, j'en n'avais plus. J'ai besoin de soigner mes cheveux de temps en temps, je suis une fille quand même, j'ai donc pris du beurre, qui brûle si bien et qui donne cet arrière goût de cancer que j'aime tant). On fait revenir 1 kg 400 de boeuf coupé en cubes là dedans, et on sale. Après, c'est la première difficulté, c'est un passage qui demande d'être organisé: on saupoudre de 3 cuillères à soupe de farine. Et on lâche pas la viande des yeux, sinon, c'est sûr, ça va accrocher. C'est comme ça depuis la nuit des temps, et plus précisément depuis le jour où un héros quelconque de la mythologie grecque a piqué la farine aux dieux (ces crétins de dieux, entre nous soit dit, qui roupillaient comme d'habitude) (je dis ça je dis rien). On ajoute 300 g d'oignons émincés (ah, fallait les préparer avant, bien sûr, sinon, la farine va prendre dans le fond et foutre une nouvelle casserole en l'air. Je vous ai prévenus. C'est mes avocats qui m'ont dit de vous avertir, ils ont une mâchoire et une mentalité de squale, mais ils ont un sens pratique indéniable). On laisse cuire 5 minutes. Je n'ai jamais tenu  tout ce temps là sans que ça accroche. En même temps, je vous dis ça, mais chez moi, y' a des tours de vaisselle (les règles changent à chaque fois, les copains savent jamais qui va se faire piéger. Hier c'est celui qui a dit le plus souvent les mots "réchauffement de la planète" qui a perdu).

    Ensuite, on déglace avec 3 cuillères à soupe de vinaigre (on demande à ce moment là à un de ces copains qui tournait autour de la cocotte, comme d'habitude, de renifler si ça sent bon. C'est rigolo) (ça marche aussi avec les chats curieux). Et voilà ensuite le deuxième moment délicat, on verse une bière brune d'un litre (fallait la planquer pour être sûr qu'elle ne disparaisse pas, toujours au moment où la farine se dandine en disant "regarde, je m'accroche ouh ouh ouh, aaooaah, je brûle, et j'ai même pas mis de crème solaire- euh!") et 50 cl d'eau.

    Et quand ça commence à fremir, on ajoute 3 cuillères à soupe de cassonnade (faites comme si c'était pas moi qui vous l'avais dit, mais ça marche bien avec du sucre en poudre classique aussi), et 4 tranches de pain d'épice émietté. Avec ça, on met du thym, du laurier et 2 clous de girofle. Et on laisse mijoter 2h30 à 3h, en sachant que l'idéal est de réchauffer le lendemain. Oui, ça veut dire qu'il faut retenir toute la bande de sauvages qui étaient pourtant affalés devant la télé et qui semblent mystérieusement ressucités. C'est vraiment une image très juste, vous voyez les films de zombies, quand ils ont envie de manger l'héroïne à talons aiguille, qui se cache dans un placard avec une petite fenêtre (qui sert à rien, puisque jamais elle pourra s'échapper par là. C'est juste fait pour qu'il y ait un zombie qui passe la main par là et tire sa couette), c'est exactement ça. Défendez votre cuisine, quitte à en MOURIR. Oui, rien que ça.

Allez, juste un dernier conseil, s'il vous reste de la sauce, congelez-la, ça améliore bien les repas où on a rien envie de faire que décongeler un steack haché et ouvrir une boîte de haricots verts...

IMG_2832

Pff, ça ressemble pas à de la bière ça! A qui tu veux faire croire ça, Gisèle?

Bon, à bientôt,

signé un kibou sociologue spécialisé en téléfilms pourris.

Posté par lili violette à 12:34 - pour les carnivores, et les loups garou - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 août 2007

une soirée calme chez le kibou

IMG_2823

    Quand arrive une soirée, le kibou ne s'interroge pas longtemps pour choisir sa tenue. C'est d'abord parce qu'il a un sens inné de l'élégance et du glamour, unique au monde dirait sa soeur, en précisant que ça signifie que le kibou est le seul à pouvoir l'apprécier. Et peut- être même qu'elle ajouterait que le kibou  devrait essayer d'y passer plus de temps. Mais si c'était le cas, on mangerait toujours la même chose chez le kibou. Ah, c'est le cas? Bon, ben, tant pis. Non, quand le kibou se prépare à une soirée, il cherche plutôt quelqu'un qui irait chercher de la bière (un qui aurait perdu au jeu de culture générale en musiques de publicités de corn flakes par exemple), et avec quoi il va bien pouvoir nourrir ses copains affamés, donc si possible, un truc bourratif et pas cher. Et qui impressionne les copains, parce qu'après tout, c'est un peu aussi à ça que ça sert, les amis (je veux dire, bien sûr, ça sert AUSSI à se battre dans la rue et à se piquer du fric les uns les autres, mais c'est pas le sujet).

    Alors, je vais maintenant vous expliquer ce que j'ai choisi de faire cette dernière soirée (eh, ben oui, je repasse à la première personne du singulier, c'est bien moi le kibou, me dites pas que vous ne comprenez pas les subtilités des sous entendu, quand même. Des fois j'imagine que mes lecteurs sont tous de beaux et grand lecteurs cultivés qui maîtrisent tout en ce qui concerne l'art du cannelage des champignons ou de la grande peinture des grands maîtres ardèchois de la fin du siècle dernier.  Et donc également des grandes figures de style littéraires, bien entendu. Ne me décevez pas).

    La dernière fois qu'on a fait une soirée (je veux dire, une vraie soirée, avec une table pour s'asseoir autour, et des discussions qui tiennent la route, pas un apéro qui n'en finit plus où on traine dans les bars en mangeant des frites, bien sûr), j'ai préparé une recette que j'avais trouvée chez Elle, écrite par Trish Deseine: du beurre de thon, citron et anchois, à tartiner sur du pain grillé. C'est typiquement le genre de choses que j'aime préparer (et ce n'est pas uniquement parce que mixer du beurre avec n'importe quoi me rend dingue), c'est parce que comme ça, les copains sont suffisament gavés pour manger sereinement le plat. Sinon, ils se jettent dessus comme des sauvages, ils mettent des miettes partout, ça dégouline sur leurs chaussures et ils disent même pas merci quand on les a servis. On mixe une boîte de thon, avec une gousse d'ail, 2 filets d'anchois à l'huile, 100g de beurre ramolli, 2 cuillères à soupe d'huile d'olive, le zeste d'un citron, le jus d'un demi citron, et du poivre banc. Bien évidemment, je n'avais pas le citron (j'ai mis du jus tout fait, ça a très bien été), ni le poivre blanc (blanc! ah ah. Que personne ne me dise ce que c'est, je veux rester inculte et continuer à ricaner devant les produits sophistiqués). Bon, peut-être que ça explique pourquoi je réessaierai cette recette en relevant un peu plus avec de l'ail et du poivre... j'avais ajouté des morceaux de tiges d'oignons frais en botte que je gardais au congélo pour essayer dans plein de plats différents, en me disant que ça relèverait, mais... bof, ça a pas si bien marché, ça pique pas beaucoup. C'est pas drôle. En fait, ça ressemble beaucoup à la ciboulette. Autant dire que c'est aussi intéressant que si le mixeur mixait d'abord dans le sens des aiguilles d'une montre, puis dans le sens inverse (faudrait que je trafique le mixeur pour qu'il puisse faire ça, ce serait marrant. J'en profiterai pour foutre en l'air ses circuits langagiers. Vous entendriez comme il me parle!) Et puis évidemment, je n'avais pas de zeste de citron, puisque ça fait bien longtemps que je n'ai plus vu un vrai fruit (depuis que les villes se sont enfermées derrière des barbelés pour que les bêtes sauvages ne viennent plus dans les bibliothèques municipales emprunter des livres. Surtout des livres qui expliquent comment fabriquer des kalachnikov artisanales; ou aller surfer sur internet, sur le forum de marmiton).

IMG_2824

    Bon, une fois que tous les copains ont assez mangé et qu'ils arrêtent de tourner en rond autour de moi alors que je bois une bière tranquillement, comme s'ils étaient à Paris, en 1870 (je vous en reparlerai, au niveau gastronomique, ça a été une période riche en innovations. Faut préciser que Paris était assiégé... patience, promis je vous prépare des informations historiques fracassantes)
    Pour cette soirée, j'ai fait un colombo de poulet au rhum, recette que j'ai attrapée je sais plus où (si je dois respecter TOUS les droits d'auteur, je suis pas sortie de l'auberge. Et dans ce cas là, pourquoi pas AUSSI sortir les poubelles et trier les trucs périmés dans le frigo, tant qu'on y est?)

    Pour faire ce truc en sauce, on coupe 4 escalopes de poulet, on les fait dorer dans de l'huile avec de la ciboulette (c'est là que nos grands personnages mystère les queues des oignons frais entrent sur scène), du persil, 2 gousses d'ail écrasées, et un oignon émincé. Une fois que tout a accroché (moi j'ai un wok tefal, ça risquait pas d'accrocher, ah ah, manquerait plus qu'ça), on déglace avec 5 cl de rhum, et ON FAIT FLAMBER! (ça, c'est mon passage préféré, surtout que j'aime bien faire ça chez mes copines qui ont une hotte, après on a eu peur. C'est les meilleurs soirées qu'on passe. On voit des gens très marrants aux urgences, avec des bras de travers, des haches dans la tête qui articulent mal, et pis surtout, on aime bien répondre n'importe quoi aux médecins qui nous posent des questions bêtes).

    Bien, une fois que vous êtes sortis du service psychiatrique (où vous aurez volé le plus de pilules que vous aurez pu, vous les revendrez en laissant croire que c'est des exta, en dessinant des petites têtes rigolotes dessus, ça paye bien à peu d'efforts), vous pouvez ajoutez 40 cl de lait de coco, et une cuillère à soupe de colombo, 2 cubes de bouillon de poule. Vous faites cuire ça à feu doux, et vous servez avec un petit riz, parfumé à l'huile d'olive. Je suis pas sûre, au final que le goût du rhum flambé se sente vraiment, mais c'est tellement dangereux que ça mérite de le faire à mon avis. Oui, juste pour l'amour du risque.


IMG_2826

Bien, maintenant on peut aller se coucher...

bonne nuit du kibou (le jour... la nuit... tout ça, c'est très surfait)

Posté par lili violette à 16:22 - pour les carnivores, et les loups garou - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 août 2007

poulet en déshabillé de soie sur son lit de legumes.

IMG_2732

ouh ouh, tu viens pas jouer? Quest- ce que tu fais, on t'attend... Roger?

    Ceux qui ont l'habitude de venir lire mes élucubrations (il y en a. A mon avis, ils doivent pas prendre leurs médicaments comme leur a conseillé leur médecin) savent que je me nourris (et donc mes copains, puisque je ne les laisse pas décider du menu, pas plus de ce dont ils vont parler, ni de rien du tout d'ailleurs, je suis un genre de dictateur comme vous l'avez compris depuis longtemps. C'est normal, c'est moi qui suis restée le plus longtemps en prison) exclusivement de poulet.

    Cette fois ci, j'ai eu la flemme de faire griller mes légumes au four, comme je fais tous les deux jours depuis plusieurs mois (vous comprenez maintenant pourquoi je contrôle AUSSI les discussions chez moi, sinon, les copains passeraient leur VIE à se plaindre!) et j'ai fait ça très simplement, aubergines en rondelles, poivrons en lanières, petits oignons épluchés, de l'huile d'olive, du sel, des herbes, le poulet par là dessus, hop au four, jusqu'à ce que le poulet soit cuit (j'ai entendu, dans un "cuisine des terroirs", qu'il  faut piquer le poulet et regarder le jus qui coule, s'il est clair, la viande est cuite) (je ne regarde pas que les téléfilms à la télé. Des fois je regarde aussi des émissions pour me cultiver. En ce moment, je perfectionne aussi mes connaissances en chirurgie avec les films policiers, surtout quand il y a une autopsie. Et bientôt j'aurai un bon vrai diplôme de chirurgien plastique) (j'ai des copains qui travaillent à le reproduire correctement sans faire de fautes d'orthographe). (si ça marche pas, c'est pas grave, je pourrai asseoir un peu plus mon autorité auprès de mes copains, avec quelques mois dans une cage. (Ben oui, hein, y'a un moment, quand on a trop été en prison, on n'est plus dans des cellules, on a droit à un traitement spécial). Parce que faut les tenir, les copains, et sans un bon entraînement un peu spécial, on peut mal finir. On en connaissait qui... ben voilà, on les connaissait)

    Pour parler cuisine, maintenant, (ça nous fera pas de mal) faut quand même savoir que moi, et les copains aussi, pour une fois, on les a laissé s'exprimer un peu, on a trouvé que les légumes sont meilleurs grillés que comme ça quand même. ça reste encore à améliorer. Peut- être que si on met des patates en rondelles dans le fond du plat ça leur clouera le bec ('m'fatiguent).

    Et comme c'est déjà fini, je vais enfin vous raconter ce que c'est qu'un petit kibou (faut pas croire, il y en a, quand ils viennent ici, ils posent des questions, et ils voudraient bien avoir des réponses. Faudra pas s'étonner s'ils finissent un jour coulés dans du béton armé, avec gravé dessus: "il n'y a personne ici, cherchez pas", et jetés par dessus la rambarde de sécurité d'une autoroute dans la montagne (et à ce stade là, moi je dis, c'est un peu de l'abus d'appeler ça une rambarde de SECURITE quand même). Mais aujourd'hui, allez savoir pourquoi, je suis plutôt de bonne humeur (le boucher de mon quartier m'a laissé regarder ses déchets. J'ai même eu le droit de récupérer le mou pour faire une blague à un copain (c'est son anniversaire le mois prochain). Alors il faut que je vous demande de faire un effort, il va falloir que vous lisiez très très vite (ceux qui ne savent pas finir un polar en une nuit peuvent aller lire lentement leurs blogs favoris dès maintenant. Et puis non, allez, je vous tolère, je ferai comme si je pouvais pas vous fliquer et je fermerai les yeux sur les lambins). Je vous dis rien, je vous laisse la surprise.

    "C'est l'histoire d'un petit kibou qu'est malade que sa maman elle va chercher des médicaments dans la forêt mais que le renard l'attaque, alors le petit kibou il attend et puis il meurt. Mais en fait la maman du petit kibou elle est pas morte alors elle revient au nid mais c'est trop tard, alors elle est désepérée et elle se suicide. Voilà."

    Aaah, ceux qui voulaient une belle histoire sont déçus. Ceux qui croyaient que ça expliquerait tout aussi. Mais que voulez vous, je ne peux pas dire des choses cohérentes tout le temps non plus, hein. Des fois ça dérape que voulez vous, ma pauvre dame, c'est l'inflation, les courants d'air et tous ces spoutniks, ça dérègle tout, la preuve.

    Faut juste que j'ajoute que normalement y'a une chorégraphie avec cette petite histoire attendrissante, qu'on doit danser sur une table. Pour ceux qui savent siffler faiblement entre leurs doigts, faut savoir qu'ils reproduiront ainsi le cri du kibou malade.


IMG_2731

poulet, tu nous fait plus pitié du tout.

Et voilà, encore une nouvelle aventure du kibou qui se termine. Mais il revient bientôt (si un motoculteur ne l'écrase pas dans la rue, après tout on sait jamais). A bientôt les copains (allez, je vous fait tous entrer dans mon club de copains, on sait jamais, il y en a qui sont armés, on trouve de tout sur internet) (pis, les relations, ça pourra me servir quand j'aurai besoin de farine chimique pour mes expériences de pain qui parle)...

Posté par lili violette à 12:36 - pour les carnivores, et les loups garou - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 août 2007

Poulet à la sauce aux huitres (à base d'anchois en réalité. Quelle arnaque)

IMG_2658

eh eh eh, on passe des bonnes vacances? ah ben non, vous êtes morts, c'est vrai

    Encore du poulet? oui, encore du poulet. Heureusement, mes copains ne se plaignent pas. Et même, il y en a qui couinent quand je dis "poulet rôti". Et j'ai accompagné ça de tranches de courgettes et aubergines grillées, puisque c'est l'accompagnement de chacun des plats que je cuisine depuis quelques mois. Oui, parfaitement, l'équilibre, la varieté sont des mots que j'ai rayés de mon lexique depuis que je recopie la même liste de courses toutes les semaines. C'est juste une question de flemme, je suis d'accord, mais au moins, ça me fait ça de moins à penser. Vous pouvez pas savoir tout ce qui peut y avoir dans ma tête, un vrai emploi du temps de ministre ( tiens, faudrait que je propose au gouvernement s'ils n'ont pas besoin d'un ministère des affaires insalubres, y'a que dans ce domaine que je serais compétente), par exemple, en ce moment, je dois penser à ne pas envoyer mes lettres anonymes à la même personne (vous pouvez pas imaginer ce qu'il faut d'organisation. Le secret, je vous le dis, c'est le répertoire. Mais c'est risqué si les flics tombent dessus par hasard en cherchant d'autres trucs. Comme des piques à brochettes gravés au nom de la prison). Il faut pas oublier non plus de planquer les croquettes des chats quand les copains viennent (si on manque de cacahuètes, il y en a qui vont invariablement les servir dans des petits bols chinois, et après on est emmerdés, les chats se plaignent qu'ils ont rien à bouffer, c'est pas possible), et après, je dois aussi penser à courir à la déchetterie la nuit pour déposer le cadavre du serin des voisins (ça sait pas vraiment jouer, les serins) (et c'est vachement fragile en plus, j'aurais pas cru), donc, des tranches d'aubergines grillées. Pour le poulet, j'ai varié un peu, vous vous doutez, parce que quand même, sinon, ça n'avait aucun intérêt que je vous raconte ma vie. En même temps, c'est un peu le cas, mes recettes n'ont rien de très palpitant, ni d'original. En plus, il y a pas moyen que je vous donne les proportions ou des consignes simples et claires. Tiens, c'est vrai, pourquoi mes lecteurs viennent ici (je veux dire, à part ceux qui cherchent des infos pour fabriquer une bombe à farine, ou sur les brigades antinageurs..) ça reste un mystère...

 

Peu importe, puisque vous êtes là, maintenant, je vais vous expliquer tant bien que mal comment faire ce poulet parfumé. Promis, j'essaye de faire concis et clair. Pis je vais pas encore vous expliquer comment faire griller des tranches d'aubergines coupées dans la longueur, posées sur une plaque, enduites (au moins) d'huile et couvertes (au moins) d'herbes (thym, romarin origan), sel poivre. Faudrait pas me prendre pour une prune.

IMG_2655

on s'aligne gentiment. Souriez.

Posez dans un plat à four un bouquet de petits oignons (vous avez le droit de les éplucher si vous aimez pas manger les épluchures), posez les cuisses de poulet aussi dans le plat, bien sûr, pas dans la gueule du premier qui passe (enfin pas seulement en tout cas. Les copains savent être très énervants des fois, mais c'est pas une raison pour pas manger). On verse plein de sauce aux huitres, (qu'on appelle aussi la sauce poisson, ou même sauce aux anchois, pour pas compliquer), dessus (sur le poulet, je vais pas préciser à chaque fois que je ne parle pas des copains). (sauf si vraiment ils reviennent vous embêter alors qu'on les avait déjà prévenus, avec le poulet. Faut toujours qu'ils aient des tas de trucs à chercher dans le frigo. Des bières, oui. Bravo à tous ceux ceux qui l'auraient parié). (Quand je serai riche et célèbre, c'est à dire quand j'arriverai à faire croire au monde entier que les colliers d'os de poulet que je fais sont des gri- gris très puissants, je pourrai vous envoyer des trucs très cool (comme de magnifiques créations artistiques en matériau naturel qui apporte joie, sérénité et humour à tous ceux qui le portent)  en organisant des concours de fins de phrases.

IMG_2653

ah, vous avez encore sali le plat, bande de cochons, vous serez privés de dessert.

    Une fois que le poulet a été bien imbibé de sauce poisson (ça pue la sauce poisson, mais ne vous inquiétez pas, une fois cuit, ça passe), normalement, il en aura coulé dans le plat, et ça tombe bien, parce que les petits oignons vont cuire dedans et ce sera très bon. Y'a des copains qui ont gémi en les mangeant. Ensuite, on saupoudre le poulet d'une pincée de curcuma (personnellement je trouvais ça dégueulasse, mais à petite dose, c'est très bon. Voilà comment on apprend à être raisonnable), et une pincée de poudre tandoori (tout dépend de vos goûts, si vous aimez le piquant, allez-y franchement, mais sinon, faites gaffe. Oui, c'est comme le curcuma, je me suis fait avoir par ma main lourde)

 

    Et on cuit ça comme des cuisses de poulet normales, 180° pendant une heure. Et on peut commencer à hurler à la mort et danser diaboliquement autour de la table avec ses copains parce que c'est prêt.

 

signé le kibou qui avait promis de faire court mais qui a menti. Eh oui, encore.

Posté par lili violette à 12:57 - pour les carnivores, et les loups garou - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »